Devenir indépendante

Ça y est, je me lance, je deviens I-N-D-É-P-E-N-D-A-N-T-E. Et ça n’a pas été simple. A 30 ans,  » je serai in-dé-pen-dan-te  » : le credo que je scande depuis mon adolescence à ma famille et mes amis, avec un air à la fois suffisant et fataliste.

Pourquoi, comment ? Je ne m’en préoccupais pas à ce moment-là. Il y a un an, je m’en suis soucié et maintenant, je SAIS.

Première hypothèse : Je veux être indépendante parce que c’est ancré dans mes cellules

Mon papa était indépendant, ma maman l’a été, leurs parents l’étaient, la moitié de ma famille maternelle est composée d’entrepreneurs. Donc ça doit être ancré dans mes cellules, non ?

Une hypothèse très déterministe écartée vers l’âge de 22 ans, lors de la rencontre de plusieurs entrepreneurs dans le cadre de mon mémoire. Je pense que l’on ne nait pas avec des cellules nommées « indépendanteunjourbonjour».

Deuxième hypothèse : Je veux être indépendante parce que j’ai besoin de liberté

Mon statut de salarié ne me laisse pas beaucoup de temps pour voir ma famille et mes amis, ni pour assouvir mes passions de toujours (nature, mode, art). Je suis en colère contre cette société qui m’impose un rythme qui n’est pas le mien. De plus, je dois suivre la vision et les avis de mes supérieurs. Je me sens à l’étroit dans ma vie. Je veux devenir entrepreneur parce que je pense qu’être son propre patron, c’est être libre.

Cette hypothèse n’est pas totalement juste. Certes, le statut d’indépendant permet de libérer du temps (ou plutôt de gérer son temps), et de suivre ses propres méthodologies. Mais je comprends que le mot liberté a autant de définitions que d’importance. Je comprends aussi que la liberté ne se joue pas qu’au niveau visible (et pratique) de notre vie. Cette année, j’ai enfin compris (ressenti) qu’être libre, c’est avant tout une question d’intériorité. Il faut pouvoir se libérer soi-même, libérer son plein potentiel pour être réellement libre et indépendant.

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Troisième hypothèse : Je veux être indépendante parce que j’ai besoin de mieux me connaitre

« Je démissionne ». En février 2017, cette phrase simple et si compliqué à la fois. Ce qui est simple, c’est que je crois savoir pourquoi je le fais : je veux plus de liberté. Ce qui est compliqué, c’est le sentiment de peur qui apparait tel Beatlle juice une fois le mot « démission » sorti de ma bouche. En passant à l’acte, je prends conscience que tous mes repères vont changer et ça, ça m’angoisse. Arrive alors une phase de recherche, d’introspection, de tortures mentales. Je cherche à comprendre the meaning of my life. La plus grande peur que j’ai dû gérer durant cette quête non achevée, c’est la peur de me perdre (encore plus?), de ne plus être en phase avec la société parce que sans balise imposé, le temps, la liberté et l’argent deviennent des éléments très relatifs.

Par chance, un psy m’a appris que derrière chaque peur se cachait un désir. Et si derrière ma peur de me perdre se cachait le désir de me trouver ? Et si ce statut était mon moyen à moi de grandir ? Et si c’était le moment d’essayer de comprendre un peu plus qui je suis ?

Quatrième hypothèse et CONCLUSION : j’ai un savoir-faire et une vision claire de ce que je souhaite apporter au monde

Devenir indépendant et libre, c’est donc, pour moi, s’élever, au sens spirituel et émotionnel du terme. C’est travailler sur soi-même, et apprendre à mieux se connaitre. C’est chouette, ça fait mal, c’est rigolo, c’est douloureux.

Petit à petit, je me (re)découvre et je (re)deviens moi-même. Je comprends que j’ai un réseau, un savoir-faire, des forces et des faiblesses.

Petit à petit, j’apprivoise mon égo, et je laisse un peu plus de place à mon âme.

Petit à petit je comprends que je souhaite être indépendante non pas pour le statut en tant que tel, mais parce que c’est le meilleur moyen pour moi d’accomplir mes missions de vie.

Petit à petit je trouve ma place dans le monde et je comprends qu’il y a quelque chose de plus grand que soi.

Petit à petit, la colérique révoltée qui est en moi s’apaise. Je prends conscience de ma capacité à créer ma liberté et mon propre monde. Je deviens indépendante parce que pour moi ça a du sens, et que cela signifie devenir inter-dépendante de vous, de la terre et de l’univers.

Et vous, savez-vous pourquoi vous êtes indépendant ?

Photo : Idrisse Hidara